Quelques mots sur l’histoire du star system

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En complément d’une entrevue réalisée avec Benoît Dutrizac dans laquelle je fais l’histoire du star system, voici quelques liens pour ceux qui voudraient en savoir davantage sur ce sujet fascinant :

1. Sur l’inventeur du star system
Phineas Taylor Barnum est un entrepreneur de spectacles américain. Il est à l’origine du cirque Barnum, qui deviendra plus tard le Ringling Bros. and Barnum & Bailey Circus. Grâce à ses qualités de promoteurs, Barnum est le premier millionnaire de l’histoire du show business.

La méthode Barnum repose sur quelques principes simples : faire de la publicité en continue (encore aujourd’hui, les affiches de Barnum sont parmi les plus belles), raconter n’importe quoi sur n’importe quoi (il présentera un jour à la foule le chaînon manquant !), mettre le nom « Barnum » sur toutes les lèvres (ancêtre des relations publiques et de la promotion par l’objet), plumer les pigeons et prendre le public de vitesse en osant tout.

Je pourrais vous parler de Barnum pendant des heures. Rappelons simplement qu’il était un relationniste avant l’heure.

D’ailleurs une théorie fondamentale en psychologie, “l’effet Barnum” ou effet de validation personnelle a été nommé en hommage à la réputation du maître de la manipulation psychologique, P.T. Barnum. Je vous invite à tester cet effet en cliquant ici.

2. Sur l’inventeur de la presse à sensation
En 1895, William Hearst rachète le New York Morning Journal, journal peu rentable, et entre en concurrence directe avec Joseph Pulitzer, propriétaire du New York World.

Les journaux de Hearst atteignent rapidement des tirages sans précédent avec une recette éditoriale nouvelle pour l’époque — le sensationnalisme. Cette recette repose sur trois piliers centraux qui occuperont la majorité de l’espace dans ses journaux :

  • La vie des vedettes (Charlie Chaplin et Douglas Fairbanks, par exemple)
  • Le crime et le judiciaire (sa couverture du procès de “Fatty” Arbuckle mettra fin à la carrière de ce héros du comique, mentor de Charlie Chaplin et de Buster Keaton)
  • Un accent prononcé sur les pseudo-sciences (horoscope, cartomancie, voyance, etc.)

Fait à noter, Hearst sera l’un des quatre millionnaires qui servira d’inspiration à Orson Welles pour son film Citizen Kane (les autres étant Harold McCormick, Samuel Insull et le célèbre Howard Hughes).

3. Sur l’histoire du star system
Une lecture incontournable pour comprendre les prémisses du star system : le livre Les stars d’
Edgar Morin.

Dans cet ouvrage, Morin décrit l’origine du star system, le processus de création des stars, mais aussi leur apport à la culture. Qu’est ce qui fait de la star un produit de la culture du moment ? Un livre captivant !

4. Sur l’histoire de la revue The National Enquirer
The National Enquirer est un tabloïd américain, publié par American Media Inc (AMI). La publication a été fondée en 1926 sous le titre The New York Enquirer.

Fondé par William Griffin, un protégé de William Randolph Hearst (décidément le monsieur est un incountournable), le tabloïd est acheté par Generoso Pope en 1952. C’est ce dernier qui aura l’idée géniale de distribuer l’Enquirer dans les épiceries et les grandes surfaces, une technique de vente imitée aujourd’hui par l’ensemble de l’industrie de la revue à potin.

Malgré sa mauvaise réputation, The National Enquirer fut le premier à révéler les infidélités de Bill Clinton et de John Edwards, les problèmes de santé de Rush Limbaugh et plus récemment, le lieu d’enterrement de Michael Jackson ou les problèmes potentiels de Tiger Woods et Rachel Uchitel ou de Brad Pitt et d’Angelina Jolie.

5. Sur l’histoire peu connue du magazine Confidential
Lancé dans les années cinquante, le magazine
Confidential se fait un devoir de révéler au grand jour de “vrais” potins.

Contrairement à la plupart des autres magazines du même genre, le magazine nomme des stars et multiplie les détails : photos, témoignages, filature, etc. Mais surtout, Confidential opère en dehors du contrôle des géants d’Hollywood, un fait rare.

Rapidement, le magazine devient la publication la plus vendue aux États-Unis. Il est vrai que cet hebdomadaire basé à New York livre la marchandise : passé criminel de certains acteurs, double vie de nombreuses stars, liens entre vedettes, chanteurs et crime organisé, etc.

C’est à ce moment qu’Hollywood décide qu’elle en a assez et poursuit le magazine. Puis dans une série de revirements, on s’entend avec l’éditeur pour mettre fin à la publication de Confidential.

Désormais, la presse a sensation n’opérera que rarement en dehors des dicktats d’Hollywood… Mais c’était avant l’arrivée d’Internet !